Sa chance étant, a dit Blé Goudé, qu’il est le choix du Président Laurent Gbagbo, contrairement à ses prédécesseurs, Seydou Elimane Diarra et Charles Konan Banny, désignés par la France. Autre handicap, a ajouté Koulibaly, c’est qu’ils ont voulu travailler en ignorant les Patriotes et l’Assemblée nationale, d’où leur échec.
Toutefois, il a posé un certain nombre de conditions que le Premier ministre devra remplir. Il a donc chargé Sidiki Konaté de transmettre ces préoccupations à M. Soro. Pour «ne pas que le Premier ministre termine son mandat comme ses prédécesseurs», il devra, a-t-il dit, «demander pardon aux Ivoiriens en tant que secrétaire général du MPCI». M. Soro ne doit pas oublier que le chômage s’est accru et que des usines ont fermé, points négatifs de cette guerre. En revanche, la prise de conscience de ce que la guerre n’a rien apporté aux Ivoiriens et au pays et que la Côte d’Ivoire est le bien commun que nul n’a le droit de détruire doivent être considérés comme un grand enseignement. Pour éviter tout blocage dans sa mission, il devra également inverser les opérations en débutant par la réunification du pays qui passe par le désarmement et le redéploiement de l’Administration, l’identification et enfin les élections. Autre élément à ne pas négliger, assurer les Ivoiriens qu’il ne fera pas volte-face après l’élection présidentielle en France. Son expression sur «le fétichisme des dates» ayant été mal perçue, il lui est demandé d’être précis tout en sachant que le temps presse.
Fidèle à son principe, il a expliqué à Sidiki Konaté que l’indépendance acquise en 1960 n’était que de façade parce que c’était une délégation de pouvoirs du Président français Charles de Gaulle à Félix Houphouet-Boigny. Puisque les richesses du sous-sol ivoirien reviennent à l’armée française selon les accords passés.