Tamir Pardo, le chef du Mossad (services de renseignements israéliens), s'est rendu dimanche à Washington pour discuter d'une possible attaque israélienne contre les installations nucléaires iraniennes, ont révélé mardi 31 janvier des médias israéliens.
Selon la deuxième chaîne de télévision privée israélienne, ce genre de visite du chef du Mossad est habituellement tenue secrète. Mais l'information a été divulguée "accidentellement" par la présidente de la commission du renseignement du Sénat américain, la démocrate Dianne Feinstein, lors d'une audition de cette commission. Au cours de cette audition retransmise par une chaîne de télévision américaine, Mme Feinstein a révélé avoir eu un entretien avec M. Pardo, qui a également rencontré le chef de la CIA, David Petraeus.
"Comme vous, j'ai rencontré le chef du Mossad lorsqu'il était ici" à Washington, a confié ce dernier, lors de l'audition. "Cela s'inscrit dans un dialogue continu qui comprend également des conversations que j'ai eues avec le premier ministre [israélien Benyamin] Nétanyahou et le ministre [de la défense Ehoud] Barak", a-t-il ajouté, précisant qu'il s'entretenait tous les mois avec le ministre israélien depuis sa prise de fonctions à la CIA en septembre.
La télévision israélienne a précisé que le patron du Mossad avait évoqué la possibilité qu'Israël attaque unilatéralement l'Iran, alors que les dirigeants israéliens soufflent le chaud et le froid sur l'éventualité de frappes contre les installations nucléaires iraniennes.
AUCUNE OPTION N'EST EXCLUE
Le président Shimon Pérès a réaffirmé mardi qu'"il ne fallait exclure aucune option contre le programme de l'Iran visant à se doter d'armes de destruction massive". "Le régime des ayatollahs est le plus corrompu du monde d'un point de vue moral", a assuré M. Pérès lors d'un discours devant une conférence internationale à Herzliya, au nord de Tel Aviv.
Les pays occidentaux soupçonnent l'Iran de chercher à fabriquer l'arme atomique sous couvert de son programme nucléaire civil, ce que Téhéran a toujours nié. En octobre, les médias israéliens avaient assuré que le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, et son ministre de la défense, Ehoud Barak, étaient favorables à des frappes contre l'Iran mais que l'armée et les services de renseignement, dont le Mossad, s'y opposaient.
"VISITE CONSTRUCTIVE" DE L'AIEA
L'Iran a conclu mardi un cycle de discussions "constructives" avec une délégation de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et de nouvelles rencontres sont programmées à l'avenir, a rapporté l'agence de presse iranienne Fars.
"Les discussions entre l'Iran et l'équipe d'inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique ont été constructives et […] les deux parties sont convenues de poursuivre les discussions", rapporte Fars en citant une source anonyme. La date des futures rencontres a été arrêtée, a ajouté Fars, sans toutefois la communiquer.
Six experts de l'AIEA ont effectué une visite de trois jours en Iran afin d'aborder les inquiétudes de l'agence au sujet des "possibles dimensions militaires du programme nucléaire iranien", selon les termes du chef de cette délégation, Herman Nackaerts. Selon la chaîne iranienne en arabe Al-Alam, seules "les questions techniques et juridiques ont été abordées au cours des discussions" et la délégation de l'AIEA n'a pas visité de sites nucléaires.