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Last Updated: Aug 27, 2008 - 11:11:24 AM |
Alors que l'engagement français en Afghanistan est au coeur du Conseil
des ministres ce mercredi, au lendemain de l'audition d'Hervé Morin et
de Bernard Kouchner par les commissions de Défense et des Affaires
étrangères de l'Assemblée nationale, le Canard Enchaîné publie de
nouvelles révélations sur les conditions de l'embuscade qui a coûté la
vie à dix soldats français. Le journal laisse ainsi entendre que les
insurgés avaient été avertis de leur venue, peut-être par leur
interprète.
"Quelques heures avant le départ en opération, le 18 août, (...)
l'interprète qui devait accompagner cette petite troupe avait disparu",
écrit l'hebdomadaire. "Le simple bon sens aurait dû conduire ses chefs
à craindre qu'il n'ait alerté les insurgés de l'arrivée de cette
patrouille", lit-on dans l'article, signé par le rédacteur en chef,
Claude Angeli. "A Paris, écrit-il plus loin, on admet que les insurgés
avaient été avertis, soit par l'interprète disparu, soit par des
policiers ou par des soldats afghans". L'hebdomadaire croit en outre
savoir que "dès le début de l'embuscade, quatre militaires français ont
été faits prisonniers et exécutés par les insurgés". Le ministre de la
Défense Hervé Morin et l'état-major avaient déjà démenti cette
affirmation, rapportée par des médias anglo-saxons.
Un rapport alertait sur les risques d'affrontements
Le Canard Enchaîné dévoile par ailleurs des extraits d'un rapport dans
lequel un officier français avait alerté, dès le 4 mai, sur le risque
"d'affrontements aussi violents que nombreux" dans la zone
d'Afghanistan où a eu lieu l'embuscade meurtrière. "Les incidents se
sont multipliés sous toutes les formes possibles dans les zones de
responsabilité de la brigade. Les ACM (milices anti-coalition) ont bel
et bien repris leurs activités", écrivait dans ce rapport le
lieutenant-colonel Benoît Desmeulles, responsable d'une unité OMLT
(instructeurs insérés dans des unités de l'armée nationale afghane).
"Ceci est particulièrement vrai dans la province de Kapisa (et surtout
dans sa partie sud), les vallées d'Alah Say, Bedraou, Diram Diram et
Surobi restant, malgré le travail de présence durant l'hiver, des
foyers d'agitation".
Le rapport, rédigé "de retour d'un déploiement d'un mois en opérations
dans la vallée de Kapisa", où ont été déployés les renforts français
envoyés en juillet, relevait par ailleurs divers "enseignements", par
exemple sur les questions d'effectifs, soulignant qu'une préparation de
quatre mois pour "un déploiement de six est un investissement
extrêmement lourd pour les brigades et les régiments, notamment au
regard de la facture en moyens". Il estimait également "qu'un certain
nombre de formations (...) se sont révélées inutiles car mal conduites
et peu préparées", citant notamment celle sur les IED (bombes
artisanales), alors que d'autres "manquent", citant notamment les
missions de récupération de soldats portés disparus.
Source:Ocnus.net 2008
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