
|
 |
|
Last Updated: Aug 26, 2008 - 1:13:15 PM |
Aux marges du PS, l’heure est à l’optimisme. Des socialistes qui vont
se regarder le nombril jusqu’à leur congrès ; une économie qui prend
l’eau ; des Français de plus en plus sensibles au développement
durable… Autant de données qui font le miel d’Olivier Besancenot et du
pôle écologiste en voie de constitution pour les élections européennes
de juin 2009.
Cette nouvelle donne à gauche risque fort de gêner le PS. Le Nouveau
Parti anticapitaliste (NPA), qui va se substituer à la LCR, entend bien
se monter indépendant et refuser tout accord de gestion avec des
socialistes «social-libéralisés» (lire page 3). Les écologistes, dont
le spectre s’étale de l’antilibéral noniste José Bové à l’europhile
Daniel Cohn-Bendit en passant par les Verts, les amis de Nicolas Hulot
et de nombreux associatifs, pourraient, eux, tailler des croupières au
PS, puisque chassant peu ou prou sur les mêmes terres électorales.
Les «sans». Avec plus de 4% des voix à la présidentielle (et 1,5
million de voix), Olivier Besancenot occupe le vide laissé sur
l’échiquier politique par les partis de l’ex-gauche plurielle. Le
facteur trotskiste a su capter toutes les impatiences : les nouveaux
militants du NPA (lire page 4) «ont des attentes extrêmement fortes
d’efficacité immédiate», expliquait dans le Monde ce week-end, la
chercheuse du Cevipof, Florence Johsua. «Nous, promet Besancenot, nous
n’attendrons pas 2012 pour résister, pour combattre et chercher à
stopper la politique de Nicolas Sarkozy.»
La LCR (contrairement à LO) a su investir de nouveaux combats (comme la
défense des «sans», papiers, logement, droits, etc.). Et le NPA est
appelé à élargir ce socle: «Le saut n’est pas seulement numérique mais
qualitatif : les participants [à l’université d’été de la LCR-NPA,
ndlr] viennent d’une autre culture, pour beaucoup ce sont des jeunes
des banlieues», explique Alain Krivine, l’autre porte-parole de la LCR.
Sur un autre créneau, le NPA entend aussi faire pièce aux partis de la
gauche institutionnelle : celui de la riposte au gouvernement. «Nous
creusons le même sillon : continuer à paraître comme les opposants les
plus efficaces à la politique de Nicolas Sarkozy et du Medef»,
revendique Olivier Besancenot. Une attitude qui n’empêche pas de tendre
la main à la gauche pour exiger, par exemple, le retrait des troupes
françaises d’Afghanistan. Une «réunion unitaire» est prévue dans les
prochains jours.
Si la dynamique de rassemblement des écologistes lancée ce week-end à
Toulouse prend, voire permet aux Verts de se dépasser en un «nouveau
parti écologique» , elle donnera du fil à retordre à Sarkozy comme au
PS. Le paradigme écolo remet en cause «le logiciel traditionnel de la
croissance avec plus ou moins de redistribution des richesses selon
qu’on est de droite ou de gauche», explique un «nouvel écologiste».
Flèches. Dans une vidéo envoyée à Toulouse, Nicolas Hulot a lui estimé
que «le temps est à la régulation». Dans un extrait non diffusé, il a
lancé: «Je ne suis plus dans le rôle du Pacte écologique. Tout ça c’est
révolu.» Le voilà donc qui sort les flèches et dénonce aussi un
«ministre français [Bernard Kouchner, ndlr] à moitié convaincu» de
l’urgence écologiste. Ironie du sort: c’est le Grenelle de
l’environnement qui a permis aux écologistes politiques, associatifs et
altermondialistes de nouer des liens en formulant des propositions.
Aujourd’hui, c’est la critique de sa mise en œuvre qui sert de moteur à
ce rassemblement.
Et quid côté PS ? Pour l’heure, les Verts continuent de participer au
comité de liaison de la gauche et un séminaire d’une journée est prévu.
«Hollande croit qu’on va surtout mordre sur le Modem. Mais un duel
Harlem Désir face à Dany pendant les européennes ça leur fout les
chocottes», sourit un député Vert.
Source:Ocnus.net 2008
Top of Page
|
|
 |

|