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Last Updated: Jun 25, 2009 - 11:15:21 AM |
Il avait dû reporter à plusieurs reprises son déplacement, renonçant à
donner sur place le coup d’envoi des Etats généraux de l’outre-mer.
Attendant un «retour au calme», quatre mois après une crise sociale
sans précédent qui avait embrasé les Antilles, Nicolas Sarkozy doit se
rendre, jeudi et vendredi, en Martinique et en Guadeloupe, avec sa
toute nouvelle secrétaire d’Etat, Marie-Luce Penchard, pour faire le
point sur la vaste consultation en cours, censée mettre sur la table
les maux qui touchent l’outre-mer.
Longtemps en retrait, le chef de l’Etat était parvenu, le 19 février, à
stopper la longure grève qui a courru de janvier à mars, en débloquant
580 millions d’euros, destinés notamment à offrir aux bas salaires les
200 euros réclamés par les grévistes.
Un «débat sans tabou»
Les Etats-généraux, voulus comme un «débat sans tabou» sur tous les
sujets (pouvoir d’achat, gouvernance locale, grands projets, etc.) et
vantés comme la «plus grande consultation jamais réalisée en outre-mer»
ont été lancés fin avril. Avant une synthèse des travaux et les
premières décisions, attendues en octobre, Sarkozy entend donc apporter
sa contribution au débat.
Outre la «promesse d’égalité» réitérée lundi devant le Congrès à
Versailles aux 2,6 millions d’ultramarins, Sarkozy doit «rappeler un
certain nombre de principes républicains», glisse son entourage. Dans
le collimateur: les actions musclées du collectif LKP, à l’origine des
44 jours de grève générale en Guadeloupe. Même si le climat s’est
apaisé, le mouvement incarné par Elie Domota maintient la pression en
boycottant les Etats généraux: «Tout a déjà été décidé par l’Etat»,
avancait-il.
«Un échec total»
Le médiatique porte-parole du collectif LKP s’est d’ailleurs chargé de
lui adresser un mot de «bienvenue»: à la veille de l’arrivée de Sarkozy
en Martinique, Domota a estimé, dans un entretien à Aujourd’hui en
France-Le Parisien, que les Etats généraux «sont un échec total». Le
syndicaliste soutient ne pas avoir été invité à rencontrer le Président
lors de son séjour. Ce que réfute l’Elysée qui dit l’avoir convié «à
plusieurs reprises ces derniers jours, tous comme les autres
responsables syndicaux».
Les Etats généraux n’ont pas plus amadoué l’Union Générale des
travailleurs guadeloupéens (UGTG) qui les qualifie de «débat de
bureaucrates et d’experts».
Mais le LKP semble particulièrement remonté: après avoir occupé en mai
le conseil général de Guadeloupe, il a appelé, pour la venue du chef de
l’Etat, à une semaine de grève, manifestations et blocage de
stations-service, notamment pour «protester contre la répression
judiciaire contre les travailleurs qui ont participé à la mobilisation».
Près de 900 gendarmes mobiles ont été acheminés en renfort aux
Antilles. «Il n’y a aucune raison objective de reprendre le conflit»,
assurait récemment Yves Jégo, ex- secrétaire d’Etat à l’Outre-mer,
débarqué mardi.
«Beaucoup d’écoute»
Le déplacement présidentiel intervient, en effet, au surlendemain du
remaniement qui a propulsé la Guadeloupéenne Marie-Luce Penchard au
secrétariat d’Etat à l’Outre-mer. Première personnalité ultramarine à
occuper ces fonctions, elle se rendra aux Antilles pour «écouter». «Les
ultra-marins attendent beaucoup d’écoute», a estimé cette
ex-conseillère pour l’outre-mer à l’Elysée, mercredi, lors de la
passation des pouvoirs avec Jégo.
Bien que n’ayant «pas eu de relation pour le moment» avec le LKP,
Penchard sera «bien évidemment amenée à rencontrer» Domota, qui n’a pas
fait de demande en ce sens «à sa connaissance».
Source:Ocnus.net 2009
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