La guerre du chef de l'Etat français, Jacques Chirac, contre le régime du président ivoirien a démarré en octobre 2000. Avec l'élection de Laurent Gbagbo à la magistrature suprême. Sournoise au départ, cette guerre a pris du volume à travers des tentatives d'attentat, de coup d'Etat armé, puis constitutionnel. Elles sont treize au total et ont connu, toutes, un échec patent. Voulant “en finir” vaille que vaille avec Gbagbo, Chirac n'a pas rangé les armes. A quelques mois de son départ de l'Elysée, celui que la presse française appelle “super menteur” fonce toujours. Décryptage.
Le coup d'Etat quasiment parrainé et réussi par la France en Côte d'Ivoire est celui de décembre 1999 qui a emporté le pouvoir du président Henri Konan Bédié. Sept années après ce premier coup d'arrêt de l'histoire de la Côte d'Ivoire, les langues se délient. L'on sait désormais que le vrai commanditaire et le bénéficiaire de la chute de Bédié se nomme Alassane Dramane Ouattara, leader du RDR. Feu le général Robert Guéi et certains de ses “jeunes gens” (des soldats de l'armée régulière ivoirienne) n'étaient que de simples faire-valoir. D'autres “jeunes gens”, notamment Ibrahim Coulibaly dit IB, Zagazaga, Tuo Fozié, Wattao, étaient, quant à eux, dans le secret des dieux. Ils savaient où ils allaient et qui étaient leur vrai patron. Tout comme les généraux Palenfo et Coulibaly qui formaient autour de Robert Guéi, au sein du Comité national de salut public (CNSP), le rempart pro-Ouattara chargé de surveiller le général Guéi afin qu'il remette le pouvoir à qui de droit (c'est-à-dire à Alassane Ouattara) après l'organisation d'une présidentielle sur mesure. Contre toute attente, Guéi prend goût au pouvoir et veut y rester. Il essuie alors deux tentatives de coup d'Etat en 2000 de la part du clan Ouattara. Lorsqu'en décembre 1999, le coup d'Etat contre le régime de Henri Konan Bédié éclate, la France est divisée. Des hommes politiques français, associés à des milieux d'affaires, soutiennent le coup. L’Elysée, sur insistance de Michel Dupuch, ex-ambassadeur de France en Côte d'Ivoire et ami personnel de Bédié, veut intervenir en faisant débarquer des gendarmes et des troupes françaises venant du Gabon afin de remettre Bédié en selle. Le Quai d'Orsay, au nom de sa ligne diplomatique de l'époque, “ni indifférence ni ingérence”, ne suit pas Michel Dupuch. Dans certains milieux d'affaires français et chez des hommes politiques proches de Chirac, cette attitude est accueillie avec joie. Selon une source diplomatique, “des hommes d'affaires et des hommes politiques se réjouissaient de la chute de Bédié, parce qu'ils lui reprochaient d'être à la fois chef d'Etat et homme d'affaires. Bédié et ses proches avaient des parts dans la téléphonie mobile et dans bien d'autres secteurs où les hommes d'affaires français voulaient être les seuls en Côte d'Ivoire. Ils préféraient Ouattara qui leur avait livré sans bourse délier, alors qu'il était Premier ministre, des pans entiers de l'économie ivoirienne. Ils voyaient en Ouattara un bon ouvrier au service de leurs intérêts en Côte d'Ivoire. C'est au su de tout cela qu'ils ont convaincu l'Elysée à faciliter le coup d'Etat de Noël 1999 en éloignant Bédié d'Abidjan afin qu'il n'organise pas de résistance”. Après le coup d'Etat contre Bédié, la Chiraquie a été prise de court par l'élection de Laurent Gbagbo, opposant historique de Houphouet-Boigny, à la présidentielle d'octobre 2000. Elle qui s'attendait au général Guéi qu'elle pourrait alors “broyer dans une confrontation armée”, se trouve de façon inopinée face à un homme de terrain. Les méthodes changent, mais l'objectif reste le même : donner le pouvoir à Alassane Ouattara.
Octobre 2000 : première tentative de coup d'Etat contre Gbagbo
A peine élu, Laurent Gbagbo doit faire face à une première tentative de coup d'Etat. Cette tentative particulière se met en branle sous la forme d'un mouvement de rue, organisé par le RDR avec le soutien de la Chiraquie. Alassane Dramane Ouattara monte au créneau pour demander à ses militants d'investir les rues parce que “le pouvoir est dans la rue”. Une façon de réagir au mot d'ordre lancé par le candidat Laurent Gbagbo aux Ivoiriens afin que les résultats de l'élection présidentielle soient respectés et proclamés tels quels. Ouattara approche, entre-temps, Laurent Dona Fologo, SG du PDCI (ex-parti au pouvoir), pour qu'il le suive dans la négation des résultats de la présidentielle. Fologo refuse cette proposition. “On m'a proposé 1 milliard de fcfa afin que je conteste les résultats de la présidentielle d'octobre 2000”, dira, plus tard, Fologo à propos de son échange avec Ouattara. En embuscade depuis le 22 octobre 2000, la Chiraquie entre en scène le 26 octobre, jour de la prestation de serment du nouveau président, Laurent Gbagbo. Une entrée qui se traduit par la fameuse affaire des 57 corps du “charnier de Yopougon”. RFI, la radio d'Etat française financée par le ministère français des Affaires étrangères, est la première radio à travers le monde à annoncer l'existence de ce “charnier”. Avant même que les médias ivoiriens aient l'information et que les riverains de la prison de Yopougon qui jouxte le site du “charnier” découvrent les corps. Des corps curieusement disposés et dont certains sont morts par noyade, comme le révèlera plus tard l'autopsie. Visiblement, tout avait été monté pour ternir l'image du nouveau régime démocratiquement élu qui se mettait en place et inciter, par la suite, à un soulèvement populaire contre le président Gbagbo. Un soulèvement populaire dont profiteraient les troupes françaises en alerte pour perpétrer le parfait coup d'Etat. Chirac concède son premier échec, puisque les choses ne se passent pas comme ses hommes et lui le souhaitent. Le chef de l'Etat français remet ça et reçoit entre- temps en janvier 2001, le président ivoirien, Laurent Gbagbo, en visite en France. “Je crois que le président Gbagbo est dans une telle disposition psychologique qu'il faut le laisser travailler”, soutient Jacques Chirac face à la presse à propos de sa rencontre avec son homologue ivoirien. Ces dires sont, en vérité, adressés à ses alliés qui, comme lui, veulent en finir avec Gbagbo. Belle hypocrisie ! Puisque quelques jours plus tard, soit dans la nuit du 7 au 8 janvier 2001, des individus armés attaquent la radio et la télévision nationales ivoiriennes. C'est la 2ème tentative de coup d'Etat. RFI sert, une fois de plus, de radio de propagande aux putschistes. L'armée ivoirienne réagit avec professionnalisme et loyauté pour bouter hors les putschistes qui s'enfuient vers le Nord du pays. Direction : le Burkina Faso. Ils en reviendront plus tard, entraînés et équipés, pour attaquer dans la nuit du 18 et 19 septembre 2002, le régime du président Gbagbo. C'est la 3ème tentative de coup d'Etat qui se muera en rébellion armée après son échec. Prévue pour durer trois jours, l'attaque des rebelles contre les institutions ivoiriennes s'enlisera de jour en jour, de mois en mois, d'année en année. Cela fait aujourd'hui quatre ans que la rébellion armée occupe la partie nord du pays. Durant ces quatre ans, la France chiraquienne n'est pas restée les bras croisés dans son initiative de “dégommer” Gbagbo. Quelque temps après l'attaque de septembre 2002, surgit l'affaire Gouali Tapé. Du nom de ce colonel de la gendarmerie nationale, commandant du GSPR (Groupement de la sécurité de la Présidence de la République), accusé d’être fortement impliqué, selon des sources crédibles, dans une tentative d'assassinat du président Laurent Gbagbo. Cet officier supérieur travaillait, dit-on, pour le compte des services secrets français. Ce 4ème coup ayant échoué, les ennemis du président ivoirien changent de méthode et pensent au schéma rwandais. C'est-à-dire abattre l'avion du chef de l'Etat ivoirien comme ce fut le cas en 1994 pour l'avion transportant le président rwandais de l'époque, Juvénal Habyarimana. Une mort qui avait déclenché le génocide rwandais qui a fait plus d'un million de morts (Tutsi et Hutu modérés). Des soldats français se camouflent dans les hautes herbes à proximité de la piste d'atterrissage de l'aéroport international Félix Houphouet-Boigny d'Abidjan. L'attitude suspecte de ces soldats de la Licorne alerte l'armée ivoirienne. Qui découvre des éléments compromettants. L'on évite de justesse un affrontement armé entre militaires ivoiriens et français. Le fait s'est passé un samedi, au moment où le président Laurent Gbagbo revenait d’un voyage. La 5ème tentative de coup d'Etat venait ainsi d'être étouffée dans l'œuf.
Novembre 2004 : la 6ème tentative de coup d'Etat
Le mois de novembre 2004 a été une période fondamentale dans la compréhension de la crise à laquelle fait face la Côte d'Ivoire depuis le 19 septembre 2002. Les événements de novembre 2004, qui ont vu l'implication à visage découvert de la France, ont permis à l'opinion internationale de comprendre qu'en Côte d'Ivoire, “la France est plus un problème qu 'une solution”. Face à la tergiversation de l'ONU version Kofi Annan et des organisations panafricaines vis-à-vis de la rébellion armée dans son pays, le président Laurent Gbagbo lance l'opération “Dignité” visant à libérer la Côte d'Ivoire. L'offensive de l'armée ivoirienne démarre le 4 novembre 2004. Gbagbo prend soin d'informer au préalable la France. “OK. Vous pouvez y aller, mais ce ne sera pas facile”, soutient Paris. Le président ivoirien pense le contraire. D'ailleurs sur le terrain, les troupes gouvernementales lui donnent raison en alignant succès sur succès. La rébellion est littéralement anéantie. Le samedi 6 novembre, contre toute attente, au moment où l'armée ivoirienne s'apprêtait à en finir totalement avec la rébellion armée, la France entre en action au motif que les avions de chasse ivoiriens de type Sukoï ont tiré sur une base militaire française à Bouaké (ville du Centre tenue par les rebelles), faisant 9 morts. Sans attendre la réaction des autorités ivoiriennes ou un début d'enquête, la Licorne, sur ordre direct de Jacques Chirac, détruit au sol des avions militaires ivoiriens à Abidjan et Yamoussoukro. La France vole au secours de la rébellion. La tension monte à Abidjan et à l'intérieur du pays. La Chiraquie en profite pour échafauder sa 6ème tentative de coup d'Etat. Le bénéficiaire immédiat de ce coup se nomme (le général) Mathias Doué, chef d'Etat-major de l'armée ivoirienne. Plusieurs dizaines de chars de combat français prennent position autour du domicile du président Gbagbo. Un hélicoptère canarde le domicile présidentiel ivoirien. Le 9 novembre, devant l’Hôtel Ivoire, l'armée française tire sur des jeunes manifestants ivoiriens aux mains nues. Le bilan est lourd : plus de 60 morts et des milliers de blessés. La France aura tout fait du 6 au 10 novembre 2004 pour faire “tomber” Laurent Gbagbo. Mais en vain. C'est dans cette même perspective que s'inscrit “l'affaire Leroy”. Du nom de ce médecin français né en Côte d'Ivoire qui a été expulsé du pays pour collusion avec les services de renseignements français en vue de la préparation d'un coup d'Etat. C'est d'ailleurs dans la clinique “France-Ivoire” de ce médecin sise à Marcory -Biétry que le général félon, Mathias Doué, s'est réfugié, prétextant une maladie, avant de s'en aller pour la France. D'où il a rejoint la rébellion armée. Le coup d'Etat que préparaient les services secrets français ayant été découvert, Doué a préféré regagner le maquis avec ses compagnons de la rébellion. Autre situation dramatique qui devrait servir de rampe de lancement à un coup d'Etat, la 8ème tentative en la matière, les attaques simultanées des deux camps militaires d'Akouédo (l'ancien et le nouveau) au Nord-Est d'Abidjan, dans la nuit du 1er au 2 janvier 2005 entre 4h et 5h du matin. Des assaillants lourdement armés ont tué, par surprise, trois éléments des Forces de défense et de sécurité ivoiriennes. Passée la surprise, les soldats ivoiriens ont vigoureusement réagi et ont anéanti les rebelles, faisant de nombreux morts et des prisonniers. Cette 8ème tentative de coup d'Etat tout comme la 9ème qui a vu les assaillants attaquer les localités d'Anyama et d'Agboville visaient à contraindre le Président Laurent Gbagbo à la démission. Les villes d'Anyama et d'Agboville étant situées en zone gouvernementale, leur prise devrait servir de moyens de pression de la Chiraquie sur le chef de l'Etat ivoirien à travers la rébellion armée. Les troupes de l'ONUCI et de la Licorne, qui étaient informées de ce complot, selon des sources crédibles, attendaient patiemment que le puzzle se mettent en place. “C'est la raison pour laquelle elles insistaient auprès des Forces de défense et de sécurité ivoiriennes pour qu'elles les laissent entrer à Agboville en premier”, précise une source informée. Cette tentative de coup d'Etat fut un échec, puisque l'ordre a été rétabli à Agboville et Anyama en moins de 48h par les soldats ivoiriens.
Novembre 2006 : 2 tentatives de coup déjouées
Le mois de novembre 2006, après l'humiliante défaite subie par la diplomatie française au Conseil de sécurité de l'ONU lors du vote de la Résolution 1721 sur la crise en Côte d'Ivoire, est une occasion pour la Chiraquie de remettre en selle son schéma de coup d'Etat contre le régime Gbagbo. Deux tentatives (10ème et 11ème) ont été déjouées de justesse par les services de renseignements ivoiriens. L'un consistait, a-t-on appris, à tirer sur le cortège présidentiel qui devrait se rendre à Yamoussoukro. Le voyage du chef de l'Etat a donc été annulé au grand désarroi des rebelles et de leurs alliés. Dont le Premier ministre Charles Konan Banny, qui s'était entre-temps retranché à Yamoussoukro avec son staff d'où il pilotait une véritable chienlit qui a eu pour conséquence, des troubles perpétrés par les militants du RHDP à Toumodi. A l'Elysée, on se disait : “Cette fois-ci, c'en est fini pour Gbagbo”. La montagne de la défiance de Banny et de ses amis du bloc rebelle accoucha, malheureusement pour eux, d'une bien maigre souris. Le plan A ayant capoté, un plan B est mis en route. L'activiste sur le terrain pour la concrétisation de ce plan se nomme Adama Bictogo, conseiller politique de Banny et proche parmi les proches d'Alassane Dramane Ouattara. La Chiraquie et la Françafrique veulent un coup d'Etat militaire avant la fin du mois de décembre 2006. Des centaines de millions de fcfa sont distribuées et promises à des soldats ivoiriens afin qu'ils opèrent le coup. Adama Bictogo et ses relais tentent de convaincre des militaires et gendarmes. Des soldats républicains informent leur hiérarchie. Adama Bictogo prend la clé des champs, in extremis, avec le soutien de la Licorne qui l'exfiltre d'Abidjan. Précisément du Golf Hôtel, où il était logé, vers la base du 43ème BIMA par voie maritime. Avant d'être conduit, selon des sources généralement bien informées, hors de la Côte d'Ivoire par un avion français. La 11ème tentative de coup d'Etat de Chirac contre Gbagbo venait ainsi d'échouer. La 12ème tentative est un attentat manqué. Bien qu'il ait eu pour théâtre Monrovia (la capitale libérienne), l'incendie criminel (le chef de l'Etat libérien l'avait ainsi qualifié) qui a ravagé, le mercredi 26 juillet 2006, une partie du palais présidentiel libérien n'était pas accidentel comme tentent de le faire croire certaines sources onusiennes exerçant dans la sous-région. Il s'est déclaré au 4ème étage au moment où les présidents libérien, Mme Ellen Johnson Sirleaf, ghanéen, John Kufuor et ivoirien, Laurent Gbagbo, se trouvaient au 6ème étage de la bâtisse. Des informations au Liberia faisaient état d'un coup qui se préparait contre la nouvelle présidente de la République. De là à faire d'une pierre deux coups en inscrivant le chef de l'Etat ivoirien sur la tablette des victimes, c'était un pas que la Françafrique croyait facilement franchissable. Fait curieux, le président Gbagbo et ses homologues ont été sortis de la fournaise grâce à la baraka des services de sécurité ivoiriens. Les forces onusiennes censées assurer la sécurité des autorités au Liberia sont restées sans réaction. Comme si elles avaient reçu des ordres dans ce sens.
La 13ème tentative : le coup d'Etat constitutionnel permanent
En marge des nombreuses tentatives de coup d'Etat militaire ou armée, la Chiraquie, la Françafrique et l'ONU version Kofi Annan, marraine du GTI, conduisent contre Laurent Gbagbo une longue tentative de coup d'Etat constitutionnel. Cette tentative a démarré en janvier 2003 avec la table ronde de Linas-Marcoussis et le sommet de Klébert. Il s'agissait, comme l'avait si bien traduit Ally Coulibaly, porte-parole du RDR et homme de main de Ouattara, “d'amener Gbagbo à inaugurer les chrysanthèmes . De faire de lui , une sorte de Reine d'Angleterre”. C'est-à-dire un président honorifique, sans pouvoirs réels de gouvernance. C'est pour atteindre cet objectif que Chirac a manipulé, durant, environ quatre années, les organisations panafricaines telles que la CEDEAO et l'Union africaine (U.A). Des organisations souvent “noyautées” par des Françafricains tels que Wade, Bongo, Sassou, Compaoré... qui oeuvrent tous pour le “bonheur colonial de Jacques Chirac”. Le récent échec de Chirac à l'ONU où la résolution qu’il a préparée pour faire de Banny le nouveau chef de l'Etat de Côte d'Ivoire, en violation de la Constitution, a été profondément modifiée, n’a pas assagi la Françafrique. Chirac croit toujours à un coup d'Etat contre Gbagbo. C'est dans cette logique que la presse française et le bloc rebelle n'ont pas bien accueilli le discours radio-télévisé plein de sagesse adressé au peuple ivoirien, le mardi 19 décembre 2006, par le Président Laurent Gbagbo. Ils espéraient tant un discours enflammé qui leur servirait d'adjuvant pour appâter leurs partisans qu'ils ont tant de peine à mobiliser pour instaurer la chienlit dans le pays. Le temps s'égrène et Chirac, ainsi que ses poulains, se rendent compte que “les dieux les ont abandonnés”. Gbagbo demeure à la barre avec un bel avantage psychologique : l'attachement du peuple ivoirien à sa Constitution et à ses institutions.